Expertise CSE : nullité en l’absence de signature de l’expert-comptable
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Le cadre légal strict de la mission d’expertise du CSE

Le CSE peut décider de recourir à un expert-comptable dans un certain nombre de cas, notamment dans le cadre des consultations récurrentes sur la situation économique et financière de l’entreprise et sur la politique sociale, les conditions de travail et l’emploi. Dans ce dernier cas, le coût de l’expertise est pris en charge à 100 % par l’employeur.
L’exercice de la mission d’expert-comptable est strictement encadré, et suppose le respect de deux obligations :
▪️les travaux doivent être réalisés sous la responsabilité d’un expert-comptable identifié ;
▪️ces travaux doivent être assortis de la signature personnelle de l’expert-comptable.
Lorsque l’expert-comptable est mandaté par le CSE, il est ainsi nécessaire que la lettre de mission désigne l’expert en charge et que le rapport final soit être signé par celui-ci. À défaut, la mission ne peut être considérée comme ayant été réalisée sous sa responsabilité.
UNE EXPERTISE IRRÉGULIÈRE EN L’ABSENCE D’IDENTIFICATION ET DE SIGNATURE DE L’EXPERT
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Au cas particulier, le cabinet d’expertise comptable avait adressé à l’employeur sa lettre de mission et sollicité un acompte, lequel avait été payé par l’entreprise. L’expert avait par la suite présenté son rapport lors d’une réunion du CSE et adressé quelques jours plus tard la facture finale de l’expertise.
L’employeur avait contesté devant le tribunal judiciaire l’expertise afin d’en obtenir la nullité avec remboursement de l’acompte versé, dans le délai de 10 jours prévu par l’article R. 2315-49 Code du travail.
La Cour d’Appel avait fait droit à cette demande en retenant :
▪️que la lettre de mission ne comportait aucune désignation de l’expert-comptable en charge de la mission d’expertise
▪️et que le rapport final, s’il mentionnait le nom d’un expert-comptable au sein du cabinet désigné, n’était pas revêtu de la signature de ce dernier.
Ainsi, il n’était pas établi que la mission confiée par le CSE au cabinet avait été exécutée sous la responsabilité d’un expert-comptable.
NULLITÉ DE L’EXPERTISE ET REMBOURSEMENT DES HONORAIRES POUR L’EMPLOYEUR
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Cette position des juges du fond a été validée par la Cour de cassation, sur le fondement de l’article 12 de l’ordonnance n°45-2138 du 19 septembre 1945 portant institution de l’ordre des experts-comptables.
L’absence de désignation de l’expert dans la lettre de mission et de signature sur le rapport empêchant d’établir sa responsabilité et entraînant la nullité de l’expertise, l’employeur pouvait obtenir le remboursement des honoraires versés.
Au cas particulier, la société d’expertise a été condamnée à rembourser l’acompte perçu à l’employeur.
📌 Cass. soc. 11 février 2026, n°24-19.826

